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  13/8/2007
  Mettre en place une action en faveur de l'emploi dans son département : comment ça marche ?

Explications à travers l'exemple de l'opération logements dans le Tarn et Garonne grâce au témoignage de Benoit Piquet, Animateur de l'ADEFA

Mettre en place une action en faveur de l'emploi dans son département : comment ça marche ?

Explications à travers l'exemple de l'opération logements dans le Tarn et Garonne
grâce au témoignage de Benoit Piquet, Animateur de l'ADEFA

 

FNPF : Quelles ont été les étapes essentielles pour le montage de l’opération Logement en Tarn et Garonne ?

 

Benoit Piquet : Je recenserais 5 étapes essentielles pour la bonne conduite de l’opération. La première a consisté en un diagnostic réalisé au travers d’une étude financée par l’ANAH et la DDE et qui a mis en évidence que la réhabilitation du bâti chez les exploitants agricoles du département pouvait répondre aux déficits en logement saisonniers. Cette étude a été complétée par une enquête menée par l’ADEFA 82 en lien avec la Chambre d’Agriculture et l’ANPE auprès de 500 agriculteurs qui a permis d'estimer le nombre de places à créer ou à réhabiliter dans le bâti existant, soit 1071 places dans le département.

L’étape suivante consistait à mettre en place un comité de pilotage départemental associant tous les partenaires engagés dans l’opération. Ensuite, une structure capable d’assurer le rôle de maître d’ouvrage du projet a été choisie, la Chambre d’Agriculture. L’avant-dernière étape, le nerf de la guerre, à savoir la recherche de financements. Pour financer le bureau d’étude chargé de suivre les porteurs de projet, ce sont le Conseil Général (30%), l’Etat (30%), la Chambre d’Agriculture (20%) et l’ADEFA 82 (20%) qui ont investi. Pour réaliser les travaux de rénovation, l’ANAH a participé à hauteur de 50% des travaux, et les collectivités territoriales ont augmenté ce taux de 10 à 20%.

Le lancement proprement dit de l’opération fut l’ultime étape avec d’abord la signature, en février 2004 d’un protocole signé entre l’Etat, le Conseil Général, l’ANAH, la Chambre d’Agriculture, l’ADEFA 82 et la Fédération EMPAR. La signature en mai 2004 du P.I.G « logement des saisonniers agricoles » (Programme d’Intérêt Général) par le Préfet a définitivement concrétisé l’opération.

  

FNPF : Comment s’est organisé le pilotage de l’opération ?

 

Benoit Piquet :  Le comité de suivi réunit les partenaires suivants : la Chambre d’Agriculture, l’Etat (DDAF, ITEPSA, DDE, DDTEFP), le Conseil Général, l’ANAH, l’ADEFA 82, le Réseau associatif EMPAR, l’ANPE, la MSA, la Section Main d’œuvre de la FDSEA 82, les représentants salariés du monde agricole et les Collectivités Locales (Communes, structures intercommunales). Il se réunit tous les 2 - 3 mois pour faire un point avec le bureau d’étude sur les dossiers en cours, les problèmes rencontrés et les solutions apportées. C’est l’occasion pour tous les partenaires d’échanger et d’avoir un bilan de la gestion locative assurée par la Fédération EMPAR.

En ce qui concerne l’ADEFA 82, elle est le lien entre toutes les structures partenaires : c’est la « cheville ouvrière », l’animatrice du dispositif.

 

FNPF : Quels ont été les problèmes qui ont causé le plus de difficultés ?

 

Benoit Piquet : La plus grosse difficulté a été le temps nécessaire pour arriver à concrétiser le projet qui a, de fait, demandé beaucoup de patience aux principaux intéressés. En effet, le montage de l’opération a duré 4 ans. C’est en particulier la recherche de financements qui a été longue : deux ans, et a suscité le plus de critiques. Néanmoins compte-tenu de l’originalité de l’opération, il était difficile de réduire ce délai.

 

FNPF : Quels ont été les facteurs-clés de succès ?

 

Benoit Piquet : Les facteurs-clés de succès sont au nombre de 5. Tout d’abord, les partenariats sont essentiels pour la réussite d’un tel projet. Ils doivent être les plus larges possibles. Par la suite, l’animation  ne doit pas être négligée, avec la nécessité d'avoir une structure qui assure tout le travail de rédaction, de préparation, de communication engendré par cette opération, "lien" essentiel pour animer le dispositif. Le troisième facteur de succès concerne la maîtrise d’ouvrage qui est déterminante pour le bon déroulement et l’efficacité du projet. Cette dernière requière l’engagement ferme d’une structure. C’est aussi la présence sur le terrain d’une personne ayant animé des dispositifs similaires, disponible et pédagogue qui permet de réussir une telle opération. En Tarn et Garonne, nous avons travaillé avec un bureau d’étude qui a parfaitement assuré cette mission. Enfin, il va de soi qu’un positionnement fort des financeurs (Etat, collectivités territoriales, intercommunalités, OPA) est indispensable à la faisabilité d’une telle opération .


Auteur : Bérénice MAZOYER

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