Mettre en place une action en
faveur de l'emploi dans son département : comment ça marche
?
Explications à travers l'exemple de l'opération logements
dans le Tarn et Garonne
grâce au témoignage
de Benoit Piquet, Animateur de l'ADEFA
FNPF : Quelles
ont été les étapes essentielles pour le montage de l’opération Logement en
Tarn et Garonne ?
Benoit Piquet : Je
recenserais 5 étapes essentielles pour la bonne conduite de l’opération. La
première a consisté en un diagnostic réalisé au travers d’une
étude financée par l’ANAH et la DDE et qui a mis en évidence que la
réhabilitation du bâti chez les exploitants agricoles du département pouvait
répondre aux déficits en logement saisonniers. Cette étude a été complétée par
une enquête menée par l’ADEFA 82 en lien avec la Chambre d’Agriculture et l’ANPE
auprès de 500 agriculteurs qui a permis d'estimer le nombre de places à créer ou
à réhabiliter dans le bâti existant, soit 1071 places dans le
département.
L’étape suivante
consistait à mettre en place un comité
de pilotage départemental associant tous les partenaires engagés dans
l’opération. Ensuite, une structure capable d’assurer le rôle de maître d’ouvrage du projet a été
choisie, la Chambre d’Agriculture. L’avant-dernière étape, le nerf de la
guerre, à savoir la recherche de
financements. Pour financer le bureau d’étude chargé de suivre les porteurs
de projet, ce sont le Conseil Général (30%), l’Etat (30%), la Chambre
d’Agriculture (20%) et l’ADEFA 82 (20%) qui ont investi. Pour réaliser les
travaux de rénovation, l’ANAH a participé à hauteur de 50% des travaux, et les
collectivités territoriales ont augmenté ce taux de 10 à 20%.
Le lancement proprement
dit de l’opération fut l’ultime étape avec d’abord la signature, en février 2004
d’un protocole signé entre l’Etat, le Conseil Général, l’ANAH, la Chambre
d’Agriculture, l’ADEFA 82 et la Fédération EMPAR. La signature en mai 2004 du P.I.G « logement des saisonniers
agricoles » (Programme d’Intérêt Général) par le Préfet a
définitivement concrétisé l’opération.
FNPF : Comment s’est organisé le
pilotage de l’opération ?
Benoit
Piquet :
Le comité de suivi réunit les partenaires
suivants : la Chambre d’Agriculture, l’Etat (DDAF, ITEPSA, DDE, DDTEFP), le
Conseil Général, l’ANAH, l’ADEFA 82, le Réseau associatif EMPAR, l’ANPE, la MSA,
la Section Main d’œuvre de la FDSEA 82, les représentants salariés du monde
agricole et les Collectivités Locales (Communes, structures intercommunales). Il
se réunit tous les 2 - 3 mois pour faire un point avec le bureau d’étude sur les
dossiers en cours, les problèmes rencontrés et les solutions apportées. C’est
l’occasion pour tous les partenaires d’échanger et d’avoir un bilan de la
gestion locative assurée par la Fédération EMPAR.
En ce qui concerne l’ADEFA 82, elle
est le lien entre toutes les structures partenaires : c’est la
« cheville ouvrière », l’animatrice du
dispositif.
FNPF : Quels ont été les problèmes qui
ont causé le plus de difficultés ?
Benoit Piquet : La plus grosse difficulté a été le temps nécessaire pour
arriver à concrétiser le projet qui a, de fait, demandé beaucoup de patience aux
principaux intéressés. En effet, le montage de l’opération a duré 4 ans. C’est
en particulier la recherche de financements qui a été longue : deux ans, et a
suscité le plus de critiques. Néanmoins compte-tenu de l’originalité de
l’opération, il était difficile de réduire ce délai.
FNPF : Quels ont été les facteurs-clés de
succès ?
Benoit Piquet :
Les facteurs-clés de
succès sont au nombre de 5. Tout d’abord, les partenariats
sont essentiels pour la réussite d’un tel projet. Ils doivent être les plus
larges possibles. Par la suite, l’animation
ne doit pas être négligée, avec la nécessité d'avoir une structure qui
assure tout le travail de rédaction, de préparation, de communication
engendré par cette opération, "lien" essentiel pour animer le dispositif. Le
troisième facteur de succès concerne la maîtrise d’ouvrage qui est déterminante
pour le bon déroulement et l’efficacité du projet. Cette dernière requière
l’engagement ferme d’une structure. C’est aussi la présence sur le terrain d’une
personne ayant animé des dispositifs similaires, disponible et pédagogue qui
permet de réussir une telle opération. En Tarn et Garonne, nous avons travaillé
avec un bureau d’étude qui a
parfaitement assuré cette mission. Enfin, il va de soi qu’un positionnement fort
des financeurs (Etat,
collectivités territoriales, intercommunalités, OPA) est indispensable à la
faisabilité d’une telle opération
.