OCM : une réforme de
fond en perspective
L'OCM est un thème persistant des
rapports d'orientation de la FNPF depuis 1998. LA FNPF a toujours promu une
organisation forte de la production au travers d'une OCM efficace accessible et
la plus représentative possible.
Après avoir fondé de grands espoirs sur
la réforme de 1996, la FNPF depuis plus d'un an tire un constat d'échec de
l'application de l'OCM en France.
Premier constat peu contesté : l'OCM
n'est pas attractive et trop complexe.
Deuxième constat qui est une
conséquence directe du premier, l'OCM n'est pas représentative : à peine 50 %
des producteurs en OP en France et malheureusement, le chiffre est encore plus
faible dans les autres pays.
Troisième constat : l'OCM ne dispose d'aucun
outil de connaissance exhaustive de la production. Comment dans ces conditions
assurer la gestion d'un marché sans en connaître la première composante, à
savoir l'offre ? A fortiori, sans connaissance et avec moins de la moitié de la
production en OP comment réguler les marchés ? C'est tout simplement une mission
impossible.
Quatrième constat : l'OCM privilégie les stratégies
d'entreprise sans aucun volet collectif et pire encore, au détriment de
stratégies collectives. La question que pose la FNPF est la suivante : l'extrême
libéralisme de cette OCM est-il compatible avec une organisation ?
L'OCM ne
fédère pas les producteurs, bien au contraire.
Dernier constat : on ne
dénombre plus les problèmes d'interprétations des règlements et les problèmes de
contrôles afférents. Six corps de contrôles interviennent avec chacun leur
lecture des textes ! Conduire un programme opérationnel, c'est installer une
épée de Damoclès sur la tête de chaque adhérent avec le risque de se voir
réclamer les sommes perçues, parce que l'action conduite est en définitive jugée
non conforme.
Pistes pour construire l'OCM de
demain
Le constat étant posé, la FNPF souhaite
proposer des pistes pour construire l'OCM de demain. Ces pistes bouleversent le
règlement existant mais son efficacité, sa réussite sont à ce prix.
Il
faut tout d'abord rendre l'OCM plus attractive, en simplifiant. La
simplification suppose sans doute une limitation du nombre d'actions mais à
condition qu'elles soient définies clairement et précisément et qu'elles
correspondent à des besoins majeurs au niveau de la production, afin d'être des
leviers d'orientation et des moteurs de progrès.
La FNPF avance également
l'idée de niveaux d'aides différenciés, afin que les aides à la production
soient accessibles à plus de producteurs, un niveau d'aides étant réservé au
stade de commercialisation pour encourager les actions de regroupement de
l'offre.
La simplification, une attractivité plus grande de l'OCM doivent
permettre de rassembler plus de producteurs et ainsi, avoir un poids réel sur le
marché et assurer le financement des actions collectives : expérimentation,
publi-promotion, actions de lutte sanitaire, politique de transformation et
demain, assurance -récolte peut-être. Un système où moins de 50 % des
producteurs financent des actions bénéficiant à 100 % n'est pas durable.
Il
faut, à l'aube de l'élargissement de l'Europe à 25 membres, se donner les moyens
de disposer d'un outil de connaissance de la production. Cela nécessite de
répondre à plusieurs questions :quels éléments doivent être collectés, comment,
par qui, qui gère, comment rendre la connaissance exhaustive ?
Cette
demande a pour objectif d'être en mesure de piloter les campagnes de
commercialisation et d'identifier avec finesse les risques de déstabilisation
des marchés dus par exemple à une sur-offre.
Il est nécessaire de rendre
l'OCM plus collective et de renforcer la concertation interprofessionnelle. Il
faut pour cela fédérer les producteurs et fédérer les opérateurs commerciaux,
sans pour autant verrouiller les stratégies commerciales individuelles. Dans les
actions collectives, le volontariat doit être la règle préférentielle mais
quelques règles doivent être obligatoire pour assurer leur efficacité.
Il
faut définitivement résoudre les problèmes d'interprétation des textes. La FNPF
propose une solution peut-être irréaliste avec un corps de contrôle unique.
C'est la seule piste envisageable au regard du peu de succès des tentatives
annoncées de coordination des contrôles.
La FNPF est allée jusqu'au bout de
l'exercice de réflexion en tentant de matérialiser ces pistes au travers de
schémas d'organisation. Trois schémas différents sont proposés, ont été soumis
au débat et pourront évoluer au fur et à mesure des réflexions qui se
constitueront autour du projet de réforme de l'OCM.